Des ONG internationales démasquées : actes sexuels contre nourriture en Syrie

Des femmes extrêmement démunies dans les camps de réfugiés en Syrie ont été contraintes de céder aux propositions de «services sexuels» en échange d’une aide distribuée par les agences humanitaires de l’ONU. Une dernière révélation qui vient enfoncer l’organisation ébranlée par une série de scandales sexuels.

Des travailleurs humanitaires auraient harcelé et abusé régulièrement des femmes et des jeunes filles syriennes très vulnérables qui tentaient d’avoir accès à l’aide humanitaire dans ce pays ravagé par une guerre civile des plus meurtrières. Certaines femmes ont même cessé d’approcher ces agences pour bénéficier de l’aide, révèle le quotidien britannique The Daily Telegraph dans son édition de ce mardi.

Certaines victimes auraient été même contraintes à se marier avec des agents recrutés localement par les organismes des Nations unies et d’autres organisations caritatives internationales pour servir de partenaires sexuelles temporairement en contrepartie de nourriture.

Ces informations ont été publiées par le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), qui a procédé à une évaluation de la violence fondée sur le sexe dans la région l’année dernière et a conclu que l’aide était échangée contre des pratiques sexuelles.

L’institution onusienne avait été avertie de l’existence de ces pratiques trois ans auparavant mais aucune action n’a été entreprise au point où ses abus se sont poursuivis jusqu’à la fin de 2017. Un rapport intitulé «Voix de Syrie 2018» révèle que les sites de distribution d’aide sont souvent perçus par des femmes comme des lieux peu ou pas sûrs, gérés exclusivement par des hommes.

Les femmes et les jeunes filles «sans protecteurs masculins», comme les veuves et les divorcées ainsi que les femmes réfugiées, étaient considérées comme particulièrement vulnérables à l’exploitation sexuelle. 40% des femmes interrogées ont déclaré que la violence sexuelle a souvent eu lieu au cours de leur contact avec les agences d’aide humanitaire, notamment dans les villes méridionales syriennes de Daraa et Quneitra.

Des pratiques scandaleuses de la part du personnel de ces agences qui existent grâce à la générosité de millions d’anonymes et d’un grand nombre de philanthropes. Le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, a réagi en annonçant l’arrêt immédiat du soutien du Royaume-Uni à des agences qui s’adonnent à de telles pratiques ou n’agissent pas à temps pour y mettre un terme.

S. L.-S.