Voici pourquoi Macron a nommée Sibeth Ndiaye porte-parole du gouvernement

Sibeth Ndiaye est née il y a 37 ans à Dakar, au Sénégal, dans une famille où l’on s’engage. Son père a participé à la création du Parti africain de l’indépendance avant de rejoindre le Parti démocratique sénégalais. Sa mère, elle, a présidé le Conseil constitutionnel. Une grande partie de la famille de Sibeth Ndiaye réside toujours au Sénégal, ainsi que dans d’autres pays d’Afrique de l’ouest, dont le Togo, pays dont est originaire sa mère.

C’est en juin 2016, soit quatorze ans après avoir commencé à s’engager en politique, qu’elle a été naturalisée française. « J’ai mis beaucoup de temps à me décider », explique-t-elle à nos confrères de « Jeune Afrique ». En langue diola, un idiome parlé au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau, son prénom signifie « qui a gagné beaucoup de combats ».

Pendant la campagne, elle a été les yeux et les oreilles de son patron. Seule femme de l’équipe rapprochée de Macron, discrète, efficace, ne le lâchant pas d’une semelle et n’hésitant pas à aller au contact pour contenir la meute des cameramen et des photographes, elle a fait preuve de sang-froid et de professionnalisme.

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Intermédiaire incontournable des médias, la jeune femme a assisté aux entretiens du « chef » avec les journalistes, enregistrant les échanges sur son smartphone. Mais impossible de lui tirer une information sur les secrets du quartier général. Aux questions des reporters, elle oppose un sourire : « No comment. »

Sibeth Ndiaye fait partie du premier cercle des collaborateurs d’Emmanuel Macron présents à la fondation d’En Marche ! Attachée de presse du ministre de l’Economie, elle a participé aux réunions préparatoires ultrasecrètes dans l’appartement privé de Bercy avant le lancement du nouveau mouvement politique, le 6 avril 2016. De la conquête, elle connaît tout ou presque…

Dans un entretien à « Jeune Afrique », elle a raconté que sa première rencontre avec Emmanuel Macron avait eu lieu à l’Elysée, au tout début du quinquennat de François Hollande. Le nouveau président de la République n’est encore que secrétaire général adjoint du président de la République, et la jeune femme travaille au sein du cabinet du ministre Arnaud Montebourg, où elle gère ses relations presse. Elle raconte : « Il était d’un abord agréable, avec beau­coup d’hu­mour. Mais je n’ai pas eu, à l’époque, l’oc­ca­sion de travailler avec lui. »

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Leur collaboration débutera vraiment quelques années plus tard, en août 2014, lorsque Emmanuel Macron est nommé à Bercy pour remplacer le turbulent socialiste au ministère de l’Economie.

Avant de travailler au sein de cabinets ministériels socialistes, c’est d’abord au service de presse du conseil général de Seine-Saint-Denis, alors présidé par Claude Bartolone, que Sibeth Ndiaye a débuté sa carrière.

La responsable communication et presse du candidat « et de gauche et de droite » est marquée plutôt… à gauche. Passée par l’Unef, puis par La Mutuelle des étudiants, au sein de la Tendance refondation syndicale, proche des amis de Dominique Strauss-Kahn, Sibeth Ndiaye explique avoir pris sa carte du Parti socialiste en 2002, juste après le traumatisme du 21-Avril et l’élimination surprise au premier tour de la présidentielle de Lionel Jospin. Au PS, elle fut un peu plus qu’une simple militante. Elle y a notamment été désignée, en 2009, secrétaire nationale en charge de la petite enfance, rappellent « les Echos ».

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Elle affirme aujourd’hui avoir été séduite par la démarche d’Emmanuel Macron en raison de sa volonté de « transcender les clivages partisans existants », « la tentative d’essayer autre chose », et par « le sentiment que les appareils existants ne réfléchissaient plus sur le monde et ses évolutions »…