RDC: La France perd une des plus grandes mines de cobalt au monde

Le projet d’ERG a coûté près d’un milliard de dollars. Il va faire du groupe kazakh un géant du cobalt aux côtés de Glencore et China Molybdenum. Par conséquent, la France ne pourra donc plus avoir l’une des plus grandes mines de cobalt au monde dans le pays.

L’une des plus grandes mines de cobalt au monde s’apprête à entrer en production. A l’extrême sud de la République démocratique du Congo, non loin de la frontière avec la Zambie, le site de Metalkol devrait sortir ses premières tonnes de métal « très prochainement », a annoncé le groupe kazakh Eurasian Resources (ERG) mardi, à l’occasion de la conférence Africa Mining Indaba à Cape Town.

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La compagnie minière diversifiée, fondée en 1994 et immatriculée au Luxembourg, gère déjà trois autres sites en RDC. En quadruplant sa production dès cette année grâce à ce nouveau centre, elle rejoindra la petite liste des géants du cobalt, aux côtés du suisse Glencore et du chinois China Molybdenum.

Mais avec la récente chute des prix liée à la perspective d’une nouvelle vague de production, il n’est pas question de produire à tout va. ERG a prévenu que les volumes dépendraient de la demande du marché pour le cobalt, composant phare des batteries des véhicules électriques et des smartphones.

Le démarrage se fera avec 14.000 tonnes. Puis, à pleine capacité, 24.000 tonnes seront produites chaque année par Metalkol. Cela portera la production congolaise d’ERG à 50.000 tonnes, a indiqué le directeur du négoce Giles Smith, cité par Bloomberg. A titre de comparaison, Glencore, le leader mondial, compte produire 57.000 tonnes cette année.

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Du cobalt « propre »

D’ici à 2023, 70 % du métal proviendra de RDC, estime ERG. Comme Glencore, le groupe a vu débarquer à partir de la fin 2016 les grands constructeurs automobiles de la planète pour discuter de leur approvisionnement à long terme. Avec un objectif en tête : sécuriser leurs achats. Et s’assurer, en outre, que le métal provient d’exploitations « éthiques », dans un pays jugé problématique.

Pour répondre à ce casse-tête, la compagnie promet du cobalt « propre ». Elle va également piloter une solution qui utilise la « blockchain » pour tracer le métal extrait en RDC. « Le projet Metalkol, avec ses 14.000 tonnes de cobalt éthique qui arriveront sur le marché chaque année, permettra de construire jusqu’à 1,5 million de véhicules électriques haut de gamme », expliquait le groupe fin 2017. « Nous veillerons à ce qu’aucun enfant ne soit impliqué dans la production de cobalt sur le site », avait alors assuré le directeur général Benedikt Sobotka. Rendez-vous est pris.

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