Incroyable : Voici les indemnités pour les migrants en Allemagne

Récemment, le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maiziere a déclaré qu’ »une partie de l’appel d’air vers l’Allemagne » s’expliquait par le fait que « les prestations accordées aux réfugiés sont relativement élevées. » Qu’en-est-il dans les faits ?

En Allemagne, la loi exige que les demandeurs d’asile et les réfugiés se prennent eux-mêmes en charge sauf s’ils en sont incapables. Auquel cas, l’Etat couvre leurs besoins fondamentaux : logement, nourriture, habits et autres. Dans le détail, voilà ce que cela signifie :

Utiliser ses propres économies

Avant de pouvoir prétendre à des subventions, les demandeurs d’asile sont légalement tenus d’utiliser leurs revenus et leurs économies pour couvrir leurs dépenses. Une franchise de 200 € s’applique sur les biens et sur la somme dont ils ont besoin pour leur travail ou leur formation. S’ils vivent dans un foyer d’accueil et qu’ils ont des revenus ou des biens, les demandeurs d’aile doivent rembourser aux communes les coûts pour le logement et la nourriture.

En règle générale, les demandeurs d’asile ont le droit de travailler en Allemagne trois mois après leur arrivée. Ils ont alors besoin d’une autorisation de travail et de la permission des autorités locales. Mais il arrive souvent qu’ils aient du mal à décrocher un emploi et à obtenir un permis. Ils dépendent alors de l’aide de l’Etat.

Pour faire taire les critiques selon lesquelles certaines personnes pourraient vouloir abuser du système de prestations pour les demandeurs d’asile, le gouvernement fédéral a accéléré les procédures d’examen de la demande d’asile pour « les pays sûrs », notamment le Ghana, l’Albanie et le Kosovo. Les personnes originaires de ces pays ne sont pas autorisées à chercher un emploi en Allemagne.

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Pour ceux qui se sont vus accorder le droit d’asile ou une protection subsidiaire, les mêmes règles s’appliquent que pour les Allemands, à savoir : s’ils ont un emploi ou des économies, ils doivent se prendre en charge, payer des impôts et cotiser au système de sécurité sociale. S’ils touchent un salaire très bas et qu’ils n’ont pas d’économies, l’Etat les soutient financièrement en payant notamment une partie de leur loyer, leur assurance maladie ou autres dépenses du même type. S’ils n’ont pas d’emploi, ils reçoivent des allocations.

Ce que l’Etat paye aux personnes qui ont obtenu le droit d’asile

De nombreux réfugiés ont, au moins au début, des difficultés à trouver un travail en Allemagne et dépendent donc des aides sociales. Ce que l’on appelle « l’allocation au chômage II » (AG II) est prévue pour couvrir les dépenses et les besoins quotidiens des gens qui n’ont pas cotisé récemment à une caisse d’assurance chômage. La somme versée aux bénéficiaires de l’AG II dépend du statut familial de l’intéressé, de sa situation et du coût de la vie du lieu où il réside.

Actuellement, un adulte célibataire reçoit en moyenne 408 € par mois pour tous ses besoins, exceptés son loyer et son assurance santé qui sont pris en charge par l’Etat. Les bénéficiaires de l’AG II peuvent aussi déposer une demande pour obtenir des aides supplémentaires, par exemple pour l’ameublement de base de leur appartement ou si leur enfant effectue un voyage de classe.

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En principe, l’Etat verse suffisamment d’argent au bénéficiaire de l’AG II pour que ce dernier puisse habiter dans un appartement de taille raisonnable. A titre d’exemple : à Bonn, une ville dans le centre-ouest de l’Allemagne où le coût de la vie est plutôt élevé, une personne seule reçoit jusqu’à 497 € par mois plus les frais de chauffage.

A Berlin, c’est 365 € par mois pour une personne célibataire et 437 €  par mois pour deux personnes vivant en collocation, plus les charges.  Ce n’est en revanche pas suffisant pour vivre dans un quartier prisé. Conséquence : la plupart des réfugiés trouvent des appartements en périphérie et dans des zones moins populaires. Au final, de nombreux réfugiés touchent donc un revenu net qui est 60% plus bas que le salaire moyen allemand et en deçà du seuil de pauvreté.

Ce que l’Etat paye aux demandeurs d’asile

Selon la loi allemande sur les prestations fournies aux demandeurs d’asile, l’Etat doit fournir un logement, de la nourriture, des articles de toilette, des vêtements, des articles ménagers de première nécessité et des « prestations pour couvrir les besoins personnels de la vie quotidienne ». Ces besoins comprennent par exemple une carte de téléphone pour que le demandeur d’asile puisse communiquer avec sa famille restée dans son pays d’origine.

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Lorsqu’un demandeur d’asile vit dans un centre d’accueil, la loi prévoit des prestations en nature plutôt que de l’argent liquide pour couvrir ses besoins, du moins tant que cela ne demande pas un effort administratif excessif. Selon la région dans laquelle le demandeur d’asile est ensuite assigné, le régime d’aides est différent.

En Bavière par exemple, il obtient seulement des prestations en nature pour couvrir les besoins de sa vie quotidienne. Dans d’autres Etats régionaux, il peut toucher une somme en liquide. Elle peut aller jusqu’à 135 € par mois pour une personne célibataire, 122 € par mois pour un adulte vivant avec un partenaire et entre 76 € et 83 € par mois pour un enfant, selon son âge.

Une fois que les demandeurs d’asile quittent le centre d’accueil, l’Etat prend en charge logement et articles ménagers de base. Il peut également offrir une aide en espèces plus importante afin que les demandeurs d’asile puissent par exemple acheter et cuisiner leur propre nourriture. Ces allocations vont de 216 €/mois pour un adulte célibataire à 133 € pour un enfant de six ans ou moins.

Si le traitement du dossier du demandeur d’asile prend plus de 15 mois et que l’intéressé n’a pas lui-même retardé le processus, il reçoit des allocations similaires à celles versées aux gens qui ont obtenu le droit de rester.