Les raisons qui ont poussé l’aviation russe «d’encercle» le Japon

L’avertissement chinois

La Russie et la Chine ont pour objectif commun d’empêcher le leadership inconditionnel des États-Unis, qui ont l’intention de projeter en Asie-Pacifique d’ici 2020 60 % des ressources navales et aériennes actuellement basées hors du pays. Ce qui n’exclut pas le renforcement de l’axe militaro-politique Moscou-Pékin.

La Russie et la Chine organisent des exercices militaires conjoints depuis 2003. La revue iraniennes Iras qualifie directement ces manœuvres d’ « opposition à la politique de Washington en Asie de l’Est ». Mais la priorité de la Chine reste le règlement des problèmes par la voie pacifique.

Pékin insiste sur le règlement pacifique des différends avec la Corée du Nord et dément le déploiement d’un contingent de 150 000 soldats chinois à la frontière nord-coréenne.

Plus tôt, la Chine s’était prononcée contre le déploiement de l’ABM américain en Corée du Sud. Pékin estime que cette démarche des États-Unis et de la Corée du Sud nuira à terme aux intérêts stratégiques de sécurité des pays de la région.

La Chine adopte une approche tout aussi responsable des litiges territoriaux. Le ministère chinois des Affaires étrangères renvoie ses opposants à la déclaration du Caire de 1943 et à la déclaration de Potsdam de 1945 stipulant que le Japon s’engage à rendre à la Chine tous les territoires dont il avait pris le contrôle, y compris les îles de l’archipel Spratleys en mer de Chine méridionale. L’archipel contesté de Senkaku, connu comme Diaoyu en Chine, complique les relations sino-japonaises depuis 2012 — quand le gouvernement japonais avait acheté à un vendeur particulier trois des cinq îles que Pékin considère comme son territoire.

Dans le contexte des menaces américaines visant la Corée du Nord, du déploiement de l’ABM sur la péninsule de Corée et du renforcement de la coopération militaire du Japon et les USA, il est possible de prédire une intensification de l’activité de l’aviation navale et des navires de la flotte du Pacifique russe. Et comme la Chine et la Russie nourrissent la même inquiétude quant aux événements en Asie de l’Est, la coordination des actions dans les zones les plus chaudes de la région est inévitable.

Source : Sputnik France