Le service militaire proposé par M. Macron se ferait dans les lycées et les universités

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Le 18 mars, Emmanuel Macron, le candidat d’En Marche, surprenait tout le monde en proposant d’instaurer un service militaire « universel » d’un mois, que tout jeune serait tenu d’effectuer dans un délai de trois ans après son 18e anniversaire.

Et d’expliquer que ce retour de la conscription permettrait aux jeunes Français de faire « l’expérience de la mixité sociale et de la cohésion républicaine ». Et ce serait aussi l’occasion de « détecter les difficultés, notamment l’illettrisme », de proposer une « mise à niveau scolaire […] lorsque ce sera nécessaire » et de préparer ainsi les appelés « préparer leur entrée dans la vie professionnelle comme dans leur vie de citoyen ». Enfin, ce service viserait aussi à disposer « d’un réservoir mobilisable complémentaire de la Garde nationale. »

Quant au coût de ce service, dont la finalité est plus sociale que militaire, M. Macon l’avait chiffré à 15/20 milliards d’euros pour sa mise en place et à 2/3 milliards d’euros par an en rythme de croisière. Et ces sommes, avait-il précisé, ne seraient pas prises sur le budget de la Défense.

L’idée d’instaurer un service militaire d’une durée aussi courte a de quoi rendre sceptique. Il faut en effet remettre en marche (sans mauvais jeu de mot) une chaîne de sélection et d’incorporation, trouver les infrastructures pour accueillir et nourrir 600.000 jeunes par an (*) ainsi que les personnels militaires pour les encadrer. Á cela, il faut ajouter les soutiens (médicaux, logistiques, administratifs) et les équipements individuels.

Interrogé sur ce service militaire universel sur les ondes d’Europe1, ce 29 mars, M. Macron a donné quelques précisions sur cette mesure qu’il entend mettre en place d’ici la fin de cette année s’il est élu. Mais pas seulement car il a donné une estimation différente de son coût, lequel se situerait, « entre 1,5 et 2 milliards d’euros tout au plus ».

S’agissant de la durée de ce service, jugée trop courte par les observateurs, M. Macron a répondu qu’elle correspondait à la durée des classes de « l’ancien service ».

« Les classes, ça durait un mois et généralement, vous ne recroisiez plus la chose militaire le reste de votre service », a fait valoir M. Macron, qui n’a pas eu l’opportunité d’aller sous les drapeau. Aussi, « je propose de refaire les classes, ni plus ni moins. C’est pour créer du lien », a-t-il insisté.

Sur ce point, tout dépendait où le service militaire « ancienne version » était effectué… Et il faut du temps, quoi qu’on en dise, pour créer du lien et, mieux encore, un « esprit de corps« . Un mois, c’est à peine suffisant pour que puisse se développer l’esprit de camaraderie entre appelés et apprendre à marcher au pas, ce que M. Macron appelle les « rudiments militaires ». Un mois, c’est à peine plus que la durée de « Garde à vous!« , l’émission de téléréalité de M6, qui, en 2016, avait filmé 19 jeunes ayant accepté de vivre l’expérience d’un service militaire. Quelques uns avaient d’ailleurs abandonné en cours de route…

Évidemment, dans ces conditions, il ne sera pas question de faire manier des armes aux conscrits. D’autant plus que ce service ne s’effectuera pas dans un milieu militaire… étant donné que les armées n’ont plus les moyens d’accueillir 600.000 jeunes par an, après les cessions de casernes et autres bases faites dans le cadre de leur restructuration continue depuis plus de 20 ans.

« Mon souhait n’est pas d’aller reconstruire des casernes, on les a vendues. On n’a pas besoin de recréer massivement des infrastructures », a ainsi assuré M. Macron. Aussi, il propose d’utiliser « au maximum les infrastructures scolaires et universitaires », lesquelles ne pourront être libres que pendant les vacances d’été…
(*) Soit 54 millions de repas (600.000 jeunes x 3 repas par jour x 30 jours).
Source > www.opex360.com